Le POLAU au Point H^UT, 11 ans déjà et après ?
C’est un lieu inhabituel, implanté dans un quartier en pleine mutation à Saint-Pierre-des-Corps, au service de la création en espace public et des acteurs de l’urbanisme, du paysage et des transitions.
Le POLAU - pôle arts & urbanisme, y tient son laboratoire associant arts, sciences et territoires. Toute l’année, des expérimentations artistiques et urbaines y sont menées.
Le 25 avril 2026, le POLAU co-organisait cet événement avec la Cie Off et l'Association Point H^UT avec le soutien de la Métropole Tours Val de Loire. Une occasion pour rassembler professionnel.les, élu.e.s et habitants pour une journée à la fois réflexive, festive et politique.
Retour en images, en sons et en mémoire.
Les secteurs de l'urbanime et des arts vivants dans l'espace public se questionnent collectivement dans une société qui doit conjuguer les besoins réglementaires et sécuritaires avec les nécessaires transitions. Des rencontres professionnelles ont nourri les débats : "L’art élevé à l'air libre est-il plus robuste ?" pour interroger les arts en espaces publics. "Comment penser les transitions depuis la marge ?" pour les liens entre arts et aménagement.
#1 - "L'art élevé à l'air libre est-il plus robuste ?"
Les arts dans l'espace public à la croisée des chemins.
Animée par Gwendal Stephan et Jean Cabaret, cette première table ronde a ouvert un espace de partage d'émotions fondatrices. Pourquoi avoir choisi ce métier, cette pratique, cette vie ? Les participant·es ont replongé dans leur propre subjectivité, leurs "chocs personnels" face à une performance dans l'espace public — la monumentalité, le décalage, la liberté, la puissance politique d'un art multiple qui s'impose là où on ne l'attend pas.

En 2026, la tendance n'est pas au beau fixe. Dans un contexte de contrcations budgétaires et d'élans sécuritaires, le secteur des arts en espaces publics cherche ses marges de manœuvre. Mais la "robustesse" du secteur est un atout majeur : adaptabilité, autonomie et débrouille, élans collectifs, volonté de s'emparer des sujets liés aux transitions, aux discriminations, aux territoires qui se fracturent. Aller dans les quartiers populaires ou périphérique, considérer le temps long de l'enquête de territoire, amener la culture là où on ne l'attend pas — autant d'actes politiques qui construisent l'avenir.
Lien vers podcast :
#2 - Le Point H^UT, laboratoire d'urbanisme culturel.
Penser les transitions depuis la marge.
Retour sur un lieu qui a su inventer ses propres règles.
Onze ans après sa construction par l'Agence CONSTRUIRE, Chloé Bodart (Cie Architecture) est revenue sur la genèse d'un chantier unique, précurseur en différents points: ouverture d’esprit, pas de côté, sensibilisation et recherche-action autour contraintes réelles — inondation, sécurité, accessibilité — transformés en prises de conscience collectives. Une flexibilité politique assumée pour développer un lieu démonstrateur, occupé, habité et vivant pour un quartier en devenir. Un modèle qui résonne... Eleftérios Kechagioglou du Plus Petit Cirque du Monde (Bagneux) — cousin du Point H^UT en banlieue parisienne — a confirmé ce que le lieu incarne : la conviction que l'acte culturel peut concerner un quartier entier. Expérimenter en périphérie, c'est prendre au sérieux les questions de péri-urbanité, de métropolisation, d'une société qui divise autant qu'elle produit.

Christelle Kirchstetter (FRAC Centre Val de Loire) a évoqué les archives de Patrick Bouchain — socle d'une exposition apprenante pour toute une génération d'architectes, de paysagistes, de créateurs de la ville. Du chantier fondateur à cette journée festive, les archives de Patrick Bouchain et du Point H^UT (esquisses, permanence architecturale, programmation culturelle) sont dans les mains du FRAC Centre Val de Loire... et c'est une chance pour la région et ses habitants.
Lien vers podcast :
Et demain ? Grégoire Bruzulier (Métropole Centre Val de Loire) a clos cette table ronde en évoquant l'avenir : le PPA, ses ambitions, ses partenaires, ses prémices. Mettre en récit la mutation métropolitaine, c'est à nouveau oser le pas de côté, considérer tous les vivants, les sols malades, les usages présents et futurs, les mobilités. Ce vaste projet d'aménagement concerne le POLAU, expert en ingénierie urbaine, et le Point H^UT, au centre géographique de ces futures transformations. Quid de son devenir et des résonances possibles ?
Pour cette journée de célébration, La Houle Douce en complicité avec laCompagnie OFFa offert une lecture du grand paysage vue du ciel.
Une traversée de 300 mètres au dessus du quartier des Grands Mortiers à Saint-Pierre-des-Corps, pour parvenir au sommet d'une architecture remarquable. Oser tendre un fil entre performance circassienne et verticalité architecturale, pour toujours lever la tête et rêver grand, pour allumer 11 bougies sur le toit du Point H^UT. Production : Cie Off et Cie La Houle Douce
Avec Malou Malan (Cie Pour l'Instant, artiste associée au POLAU), nous avons arpenté les sols malades d’une zone industrielle minéralisée et inondable à travers un parcours sensible en récits et en musique. Seuls les Sols prend la forme d'une balade artistique conçue pour la zone des Grands Mortiers, entre impensés sur la fabrication de nos sols urbains et évolutions des usages, projections d’aménagement du quartier et enjeux d’un territoire artificialisé, développement urbain et nécessité de prendre soin des zones naturelles.
La Compagnie Mycélium (artistes en compagnonage avec l'Ecole des sols vivants du POLAU) a proposé de se mettre à l’écoute des autres qu’humains vivant dans nos sols et de faire connaissance avec leur concept de “Bassin versol”. Cette éco-fiction géographique - librement inspirée des bassins versants relatifs aux fleuves et rivières et étendues d’eaux - propose de considérer le sol comme un espace d’échanges et cycles de matières organiques entre les humain·es et les sols vivants.
La Compagnie Gérard Gérard, avec CARNÉ, nous a offert une performance détonante sur un sujet qui nous concerne tous•tes : la viande. Un enjeu de transition écologique, qu’on le veuille ou non. CARNÉ évoque ce sujet, quotidien et populaire par essence, va de l’intime au collectif, interroge notre rapport au vivant, à la mort et aux autres qu'humains. Il traverse nos visions de l’économie, du politique, du religieux, de l’identité, du vivre ensemble. Une création spectaculaire pour 6 comédien•nes, musicien•nes et pilotes d'engins qui pose directement la question : comment faire table commune ?
Collage © “la Grande traversée” de la Cie La Houle Douce avec la Cie OFF - la rue des Grands Mortiers - le “Point Zéro”, à la frontière entre Saint-Pierre-des-Corps et Tours - “Seuls les sols” de Malou Malan, “Bassin versol”, concept de la Cie Mycélium en compagnonnage avec l’école des sols vivants du POLe Point H^UT est un équipement métropolitain, terrain d’expérimentation (du) vivant, habité par la Cie OFF et le POLAU. Il s’inscrit dans un quartier en mutation, traversé par un Projet Partenarial d’Aménagement porté par Tours Métropole Val de Loire - “L’assemblée immatérielle” de Zazü en lien avec le parlement de Loire - ressources Clause culture - ressource Arts détectives en lien avec l'ONDA - Office national de diffusion artistique |
Le Point H^UT est un équipement métropolitain, terrain d’expérimentation (du) vivant, habité par la Cie OFF et le POLAU. Il s’inscrit dans un quartier en mutation, traversé par un Projet Partenarial d’Aménagement porté par Tours Métropole Val de Loire. |